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vendredi 21 mars 2014
mardi 4 mars 2014
Procès Pascal Simbikangwa : Caricatures d'audiences...sur le vif
L'accusé, Pascal Simbikangwa, dans son box :
Me Bruno Sturlese, avocat général :
Me Alexandra Bourgeot, avocate de la défense, relevant des contradictions dans la déposition d'un témoin, et tentant de le mettre en défaut :
Me Bruno Sturlese, avocat général :
Me Alexandra Bourgeot, avocate de la défense, relevant des contradictions dans la déposition d'un témoin, et tentant de le mettre en défaut :
lundi 17 février 2014
Procès de Pascal Simbikangwa, jour 11. Chronique d'une journée particulière
Troisième semaine du procès de l'ancien
officier rwandais Pascal Simbikangwa pour complicité de génocide et complicité
de crimes contre l'humanité au palais de justice de Paris. Le premier rwandais
jugé en France pour ces faits risque la perpétuité.
Chronique d'une journée particulière
"Un agent ordinaire"
L'image est saisissante : sur les écrans de la
salle d'audience apparait le visage d'un génocidaire, sur un
arrière-plan de drapeaux de l'ONU. Il est 9h30 et cette 3ème semaine de
procès s'ouvre sur ce paradoxe. Le lieutenant-colonel Anatole
Nsengiyumva, condamné pour génocide par le TPIR s'exprime en visioconférence,
en toute liberté, depuis Arusha, en Tanzanie, grâce aux moyens techniques
fournis...par le TPIR.
Condamné en première instance en 2008 à
perpétuité, sa peine a été commuée à 15 ans de prison en 2011. Anatole
Nsengiyumva a alors été remis en liberté en tenant compte du temps passé en
détention préventive, mais aucun pays n'a jusqu'à présent souhaiter
l'accueillir.
Il est auditionné pour ses fonctions
d'ancien responsable du Bureau G2 (Service de Renseignement Militaire) jusqu’en
Juin 1993, où Pascal Simbikangwa a passé quatre mois.
Le lieutenant-colonel dédouane complètement
l'accusé, "un agent ordinaire" au profil assez médiocre, au
rôle subalterne. Il avait néanmoins entendu son nom associé à celui de
tortures, "mais cela n'a jamais été confirmé". Au reste, il
affirme ne l'avoir pratiquement jamais rencontré.
Pourtant, c'est sous sa direction que le "petit
agent" insignifiant Pascal Simbikangwa a obtenu le privilège d'une
sécurité particulière avec deux gardes du corps.
Mais pour le statut singulier de l'accusé comme
pour tout le reste des questions posées par les avocats des parties civiles, Me
Emmanuel Daoud, avocat de la LDH et FIDH et Me Simon Foreman,
avocat du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda, rien à
faire. L'Akazu, la formation des miliciens Interahamwe, des listes de
Tutsi à éliminer; Anatole Nsengiyumva ne sait rien, n'a rien vu ou rien
entendu.
Même pas la Radio Télévision des Mille Collines,
ou si peu qu' il n'y aurait investi son argent que modestement.
Exactement la même ligne que Pascal Simbikangwa.
Si exactement que l' audition suivante sera radicalement contradictoire.
"Une réputation redoutable"
Johan Swinnen, ambassadeur de Belgique au Rwanda de 1990 à 1994, témoigne donc lui aussi en visioconférence, mais depuis Bruxelles.
Il explique avoir connu Pascal Simbikangwa indirectement.
D'abord pour sa "réputation redoutable"
de tortionnaire dénoncée par des journalistes d'opposition venus lui en
attester, cicatrices encore visibles. Johan Swinnen tente alors d'intercéder « avec
l’ambassadeur américain, nous avons alors multiplié les démarches auprès de la
présidence rwandaise pour que Pascal Simbikangwa soit écarté, en vain".
Ensuite pour sa désignation comme co-responsable
des massacres de Tutsi en1992 dans le Bugesera.
Enfin, via l' ancien gouverneur de la Banque
Nationale du Rwanda qui lui avait fourni une liste de potentiels génocidaires
parmi lesquels figurait le nom de Pascal Simbikangwa.
Il est alors temps d'entendre Augustin Iyamurene (membre du PSD, parti d’opposition au régime) et chef du Service de Renseignement intérieur (SRI) à partir de Mai 1992; autrement dit, le supérieur hierarchique de Pascal Simbikangwa.
"Un fanatique d'Habyarimana"
Augustin Iyamurene en a l'intuition "c'était
bizarre, on ne comprenait pas son rôle../..il était militaire
mais affecté à notre service qui était civil", puis tout de suite la
certitude "j'avais eu des informations qui disaient qu'il n'était pas
qu'un petit chef de division, qu'il avait des liens avec un réseau parallèle".
A la barre, l'ancien chef du Service du
renseignement intérieur confirme ce qu'il a déjà dit pour d'autres procès au
TPIR, "Pascal Simbikangwa se dévouait à détruire les journaux
d'opposition". La réputation de l'accusé, ses privilèges, ses allées
et venues - "il outrepassait ses attributions"-, tout dérange
Augustin Iyamurene.
Il insiste : "on a cherché tous les
moyens légaux pour le faire muter, on n'a pas pu". Augustin Iyamurene
est formel, c'est la proximité de l'accusé avec la présidence du régime
qui explique cette invulnérabilité : "il était du CDR, un parti
d'extrême-droite; pour Pascal Simbikangwa, Habyarimana était le Bon Dieu, il en
était fanatique ! "
La défense de l'accusé s'étonne alors qu'
Augustin Iyamurene se fasse plus précis qu'il ne l'a jamais été lors des ces
précédentes auditions ou dépositions, et beaucoup plus évasif sur
l'examen des photos (récentes) et des plans supposés des lieux dans lesquels
l'accusé avait son bureau.
Me Fabrice Epstein est offensif, à la limite de
l'intimidation même, lorsqu'il s'approche à moins d'un mètre de la barre, les
yeux rivés sur l'ancien chef du SRI. Déstabilisé, Augustin Iyamurene ne finit
plus ses phrases.
L'avocat de la défense ne saurait s'en contenter.
Il insiste. Mais à mesure qu'il répète encore et encore les mêmes questions,
son assurance s'affaiblit et il finit par paraître manquer de clairvoyance
lorsqu'il bafouille, dans un moment suspendu, comme pour lui même, "visiblement,
je suis le seul à ne pas comprendre..".
Interrogé à son tour, Pascal Simbikangwa répète
ce qu'il dit depuis quinze jours : il est victime d'une manipulation du Front
Patriotique Rwandais (FPR) qui cherche à tout prix des coupables alors qu'
"ils ont tous été déjà jugé". Il s'indigne même, "Augustin
Iyamurene m'a empêché de travailler à l'époque, j'étais sous-employé, et
maintenant il vient mentir".
Avant de conclure "tout ça, c'est de la
comédie".
mercredi 12 février 2014
Procès de Pascal Simbikangwa, jour 7, un témoin pour la défense
Deuxième semaine du procès de l'ancien officier rwandais Pascal Simbikangwa pour complicité
de génocide et complicité de crimes contre l'humanité au palais de justice de Paris. Le premier rwandais jugé en France pour ces faits risque la perpétuité.
"Effet d'annonce publicitaire"
Le président donne alors la parole aux parties civiles.
"la question qui tue"
"En mission"
Avec assurance et détermination, arrive à la barre le colonel à la retraite Micel Robardey, en poste au Rwanda de septembre 1990 à septembre 1993.
Crâne rasé, front haut et posture altière, le colonel entame son témoignage paradoxalement en s'excusant presque d'être venu : " je ne voulais pas, je n'ai jamais rencontré Pascal Simbikangwa".
Mais la rectitude de l'ancien gendarme a pris le dessus, c'est "le devoir" qui confesse-t-il l'a obligé à venir, pour éclairer la cour des observations qu'il a faites sur le terrain. "C'est plutôt le dossier qui vous a rattrapé" commente l'avocat général Me Bruno Sturlese.
Le colonel vient donc témoigner à la demande de la défense, en faveur de l'accusé.
"J'étais en mission pour assister en police judiciaire le Rwanda sous uniforme rwandais" confirme-t-il conformément à l'accord d'assistance militaire avec la France. "Conseiller technique à l'Etat major" lui fera repréciser le président.
Tout de suite, il constate une désorganisation des services. Il déplore d'abord deux systèmes : la criminologie et la gendarmerie qui doivent rendre compte au Procureur de la République et le service central de renseignement. Celui-ci était "tout puissant" : il pouvait arrêter, interroger et emprisonner qui il souhaitait et ne rendait compte qu'à la présidence.
C'est là qu'il rencontre le nom de Pascal Simbikangwa : "on entendait partout la rumeur du capitaine à roulettes (l'accusé est dans un fauteuil roulant depuis un accident en 1986) qui soi-disant torturait les opposants ».
Des rumeurs
"Immédiatement", le colonel diligente 3 enquêtes : sur les rumeurs autour de Pascal Simbikangwa, sur les attentats présumés, et sur les massacres attribués aux Tutsi Front Patriotique Rwandais (FPR).
Contre toute attente assure-t-il, "on accepte mes enquêtes et j'ai l'indépendance et tous les moyens nécessaires pour travailler au Rwanda en toute liberté".
Ses conclusions sont limpides : toutes les accusations sur Pascal Simbikangwa sont un montage politique du FPR, lequel est responsable de tous les attentats au Rwanda et des massacres des élites Hutu.
C'est, parfois au mot près, exactement la ligne de défense de l'accusé depuis une semaine. L'accusé sourit même lorsque le colonel ajoute "j'observe que Pascal Simbikangwa n'a pas torturé en 1992". Les avocats de l'accusé ne cachent pas leur satisfaction quand le colonel lance "les parties civiles mentent".
Michel Robardey, lui, droit dans ses bottes, n'a rien à se reprocher. Il confesse malgré tout avoir eu du
mal à "redresser des types tordus, déformés", mais, finalement, il n'a souvent travaillé qu'"avec des types remarquables" et n'a nommé que "des types remarquables".
"Effet d'annonce publicitaire"
Le président donne alors la parole aux parties civiles.
Me Simon Foreman demande à Michel Robardey un peu plus de précision sur ses enquêtes, et notamment sur celle autour de l'accusé. Le colonel répond, intraitable : "sur la base d'un seul interrogatoire d'un homme qui l'accusait, et qui a menti. On ne ment pas une fois : ou vous mentez ou vous ne mentez pas".
Me Foreman décide de prendre au mot Michel Robardey et lui rappelle qu'il a envoyé une note en février 1993 à François Mitterrand, au pape Jean-Paul II et à plusieurs chancelleries et officines d'états européens intitulée "Dénonciation du génocide fait par le FPR".
"Oui, c'était un effet d'annonce publicitaire". L'emploi du mot génocide pour le colonel est à géométrie variable : "cela dépend de la définition qu'on donne à ce mot qui est différente selon les pays, j'imagine que le TPIR n' a pas la même que la Cour...".
Michel Robardey se justifie : " ils massacraient les villageois en rafale../.. pour moi l'expression 'khmers noirs' me paraissait totalement justifiée. "
Pourtant, jusqu'à la la veille encore, les historiens et journalistes ont devant la cour rappelé qu'il n'y a bien eu qu'un seul génocide au Rwanda, celui des Tutsi et Hutu modérés, et que quiconque avance la thèse d'un double génocide est coupable de révisionnisme et de négationnisme.
Mais, le colonel le rappelle "Nous sommes en guerre". Il y a bien eu certes "quelques Tutsi molestés", et des militaires français aux barrières filtrantes en 1993 ("seulement une semaine")...
Et les massacres de Tutsi au Bugesera en 1992, préfiguration du génocide ? Michel Robardey a enquêté auprès de jeunes responsables Hutu "enivrés et drogués au chanvre indien" qui avaient en main ce que "tout Rwandais avait dans sa cave" (l'habitat rwandais d'alors n'a très majoritairement pourtant pas de cave) : "des casses-têtes et des machettes et des gourdins". Ce n'était, selon le colonel, qu'une réponse spontanée aux attentats.
"la question qui tue"
Me Bruno Sturlese, l'avocat général rappelle que les accusations du ministère public ne sauraient être fondées sur des rumeurs et demande au témoin plus de clarté : "Quand vous parlez de génocide, vous parlez bien du génocide des Tutsi ?"
Michel Robardey s'esclaffe : "c'est la question qui tue !" Rumeurs de désapprobation de l'assistance, puis poursuit :
"Y-a-t-il eu un génocide, deux génocides, est-ce qu'on doit dire génocide rwandais... ?"
Ce qu'il veut dire haut et clair en revanche c'est " qu'il y a eu un génocide, dès que la France est partie."
Ni l'avocat général ni les avocats des parties civiles ne souhaiteront continuer à interroger le colonel qui quitte la salle le regard droit. Michel Robardey, faut-il le rappeler, fut avec d’autres militaires français accusé en
2008 par Kigali d’avoir participé au génocide.
Un peu plus tôt dans l'après-midi, le journaliste suisse Jean-Philippe Ceppi, présent à Kigali en avril 1994, avait quant à lui rappelé les scènes dont il avait été témoin, et qui l'avaient conduites à immédiatement dénoncer un "génocide" perpétré sur des Tutsi et Hutu modérés.
mercredi 5 février 2014
Procès Pascal Simbikangwa : 2ème jour d'audience
"Scandaleux !"
"Scandaleux !" s'indigne doigt levé Me Alexandra Bourgeot dans la salle n°3 de la cour d'assises du Palais de justice de Paris, à l'adresse du président Olivier Leurent.
C'est que les questions posées par celui-ci à son client, Pascal Simbikangwa, jugé ici rappelons-le pour « complicité de génocide », sont embarrassantes. Elles portent sur des accusations de torture, de participation présumée aux escadrons de la mort au Rwanda au début des années 90 (quatre ans avant le génocide).
Or, les faits ont beau être prescrits, raison de l'emportement de l'un des deux avocats de la défense, ils n'en demeurent pas moins des éléments indicateurs des fonctions et attributions occupées par l'intéressé. Son parcours professionnel, voilà l'objet exact de cette deuxième journée du premier procès sur le sol français, d'un génocidaire supposé du génocide des Tutsis et Hutus modérés du Rwanda de 1994.
L'accusé, cloué sur sa chaise roulante depuis un accident de voiture en 1986, semble croire l'incident profitable et joue sa partition en déroulant par le menu une version chronologique des faits qui l'exonère de toute responsabilité : tout cela n'est que le fruit d'une machination orchestrée par le FPR (Front Patriotique Rwandais, qui a mis fin au génocide) qui a fabriqué des faux, organisé une propagande éhontée dont les organisations droits de l'hommistes d'alors, et même la cour d'aujourd'hui sont les dupes; et lui, Simbikangwa, la victime.
"L'autre Pascal"
Car, à l'écouter, il n'a rien fait. C'était un "autre Pascal", du "même grade" qui procédait aux interrogatoires (en fauteuil ?). Lui, non. D'ailleurs, la veille il n'était même plus très sûr de son nom, stupéfiant la cour ("j'ai plusieurs identités", avait-il fini par confesser).
Aujourd'hui, il assure qu'il n'était pas non plus " le numéro 3 du service central de renseignement", mais un simple agent : "on m'appelait directeur mais je n'avais pas de fonctions, je n'avais pas de pouvoir de décision".
Un agent qui s'est occupé un temps de la surveillance de la presse et de "traiter les journalistes" ("traité ou mal-traité ?" osera l'avocat général) mais qui ne lisait pas les journaux, "il y en avait trop, vous comprenez". Il rapportait à ses supérieurs, et puis d'ailleurs ensuite, ça n'a pas duré, il s'est retrouvé au chômage, mais curieusement toujours rétribué par le même service.
Il requiert alors la sollicitude de la cour : sans emploi, il était aux abois financièrement...ce qui ne l'empêcha pas d'investir dans la création d'un journal..."qui ne coûtait presque rien", mesure-t-il. Il en a eu certes l'idée; puis "non, ce n'est pas moi qui avait eu l'idée" , l'a co-fondé, mais n'y est resté "qu'un mois et demi ou 2 mois", juste avant que celui-ci ne devienne illisible parce que propagandiste. Ce qu'il date au "10ème numéro", même si, soudain imprécis, il situe la sortie du n°1 après le numéro 8 brandi par l'avocat général... . Puis, finalement, il redevient sûr de lui : c'est bien simple, celui de la Cour est un faux.
Sa participation financière à la création de la Radio Télévision des Mille Collines (la radio du génocide) à même échelle que celles de caciques militaires, politiques et économiques du régime comme par exemple Théoneste Bagosora (considéré comme l'un des principaux responsables du génocide et condamné comme tel par le TPIR) et le président Habyarimana lui-même, est "un hasard".
Au reste, elle n'avait que 3 motifs : "l'argent", "la culture" et la démocratie ( "je suis démocrate, et libre, je voulais favoriser la pluralité des opinions").
Ensuite, il n'a jamais rencontré le conseil d'administration dont il concède avoir connu tous les membres, et n'a jamais écouté la radio RTLM.
Pourtant, il affirme qu'elle a changé de discours à partir "du 7 avril 1994", même si "elle s'est arrêtée le 6 avril 1994"... "ah non, je crois que c'était le 17 avril, lors du bombardement de Kigali."
Les 10 commandements des Bahutu (appels aux meurtres des Tutsis) publiés dans le journal Kangura en 1990 alors qu'il était en charge de la presse ? Non, "j'en ai pris connaissance en 1993../..mais je ne pouvais rien faire..".sans doute, souvenons-nous, parce que " démocrate, et libre, [il] je voulais [t] favoriser la pluralité des opinions".
Tour à tour d'une précision extrême, lorsqu'il est question des fonctions de tel ou tel, Pascal Simbikangwa sait parfaitement se monter extrêmement vague dès lors que lui sont posées des questions très précises sur ses responsabilités. L'homme digresse, élude ou répond par des questions directes au président ou aux avocats des parties civiles, au point qu'il sera rappelé à l'ordre plusieurs fois. Même ses propres aveux sont sujets à caution puisqu'il réfute les dires de son interrogatoire lors de sa garde à vue à Mayotte.
"Et maintenant, c'est moi !"
C'est que, entre deux obséquieux "excusez-moi" à la cour, trop loin du micro, étouffés dans un blouson qui semble trop grand pour lui, l'accusé perd parfois pied "je ne vais pas répéter les mêmes choses mille fois, j'ai la tête qui chauffe Mr le président, je suis fatigué"; mais surtout le contrôle de lui-même...
Alors Pascal Simbikangwa retrouve sans doute ses allures de capitaine spécialiste du renseignement : dans un lapsus, ses avocats deviennent ses "conseillers", les preuves et conclusions du TPIR des faux, les avocats de la défense des naïfs, l'avocat général un mauvais professionnel qui le "défend mal"; le président un homme partial, la cour...une antichambre du Kigali d'aujourd'hui...où "tout le monde doit être coupable, il y a eu 2 millions de coupables, tous jugés...et maintenant c'est moi."
Les yeux baissés et inexpressifs "s'exorbitent" à mesure que l'accusé s'agite...aux alentours de 19h, à un moment, alors que l'audience touche à sa fin et que l'avocat général l'accule; un moment seulement, il s'oublie et invective la cour : "vous me jugez parce que je suis dans le camps des vaincus !!!"
Parfaite illustration du portrait de sa personnalité dressé en début d'après midi un peu plus d'une heure durant par Julie
Landry: un homme combatif, sûr de ses racines, qui fait front dans
l'adversité.
A ces mots, c'est l'avocat général Me Bruno Sturlese cette fois, qui se scandalise : " je ne vous laisserai pas dire ça, toutes les pièces du dossiers sont ici examinées, contre-expertisées, authentifiées !"
Cette idée de justice-là ne lui parle pas; pas plus qu'il n'entend ni ne reconnait l'abomination de son idéologie ou des actes reprochés, car, il l'a clamé haut et fort, la défaite de son camp, c'est sûr, Pascal Simbikangwa ne l'admettra jamais.
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